Index des chroniques

Mises en avant

A
Adam et Eve
Age of Dinosaurs
Au pays de l’exorcisme

B

C
Cannibal Curse
Cannibal Ferox
Cannibal Girls
Cannibal Holocaust
Carnosaur
Crater Lake Monster (The)

D
Dinosaur Island

E
Eddie: The Sleepwalking Cannibal
Et mourir… de plaisir

F

G
Ganjasaurus Rex
Ghouls (The)

H

I
Ile inconnue (L’)

J
Jurassic Attack
Jurassic Park
Jurassic Park III

K
King Dinosaur

L
Land of Death

M
Monde perdu : Jurassic Park (Le)

N

O
Oasis des tempêtes (L’)

P

Q
Quand les dinosaures dominaient le monde

R

S
Secte des cannibales (La)

T
Tumak, fils de la jungle

U

V

W

X

Y

Z

0-9

L’Île inconnue

Mots-clefs

Titre original : Unknown Island

Réalisateur : Jack Bernhard
Avec : Virginia Grey, Phillip Reed, Richard Denning, Barton MacLane…
Durée : 72 minutes
Année de production : 1948
Origine : USA

Histoire : Pendant la guerre, Ted Osborne a survolé une île inconnue, sur laquelle il aurait aperçu des créatures géantes. Aidé par sa fiancée, ils vont convaincre la capitaine Tarnovski, un vieux loup de mer, à monter une expédition là-bas, pour ramener des épreuves photographiques. Aussitôt débarqués sur l’île, les aventuriers vont se retrouver face à des monstres terrifiants, tout droit sortis de la préhistoire…

Ma chronique : Il aura fallu attendre huit ans après Tumak, fils de la jungle (1940), avant de finalement avoir droit à un nouveau film de dinosaures sur grand écran ! En même temps, la réalisation de ce type de longs métrages en plein conflit mondial n’était sans doute pas la priorité des cinéastes.
Bref, c’est donc en 1948 que sort L’Île inconnue aux États-Unis, pas avant 1953 en France, un film a petit budget nous proposant un monde perdu abritant des hommes costumés en dinos, ou en singes, vivant tranquillement leur vie sans déranger personne. Jusqu’au jour où arrivent de vilains explorateurs. Une sombre affaire.

Mais avant de découvrir cette expédition sur l’île inconnue, il faut bien que l’histoire et ses personnages se mettent (un peu trop) gentiment en place. C’est ainsi que l’on découvre, après le générique de début, le héros et sa fiancée dans un bar, à la recherche de vaillants marins qui pourraient les mener à destination. Et donc, pendant un long quart d’heure, on suit les discutions entre le couple et un capitaine alcoolique, accompagné d’un vieil ami. Les deux hommes finissent par accepter de participer au projet. Un choix de collaborateurs, ma foi, bien étrange. Surtout que, sous l’emprise de l’alcool, le capitaine s’avérera par la suite être plus dangereux que les lézards géants.

Après cette scène d’ouverture un peu longuette, l’aventure peut enfin commencer ! Cependant, ne vous attendez pas à quelque chose de trop trépidant. En effet, la durée du long métrage a beau être courte, une petite heure dix, les minutes défilent trèèèèès lentement. La faute à un rythme plutôt lent, ainsi que, surtout, un profond manque d’originalité. On a droit au classique triangle amoureux, beaucoup de blabla insipide et les scènes avec les créatures préhistoriques sont loin de marquer les esprits. D’ailleurs, à quoi ressemblent-ils ces dinos justement ?

Le film a déjà le mérite de proposer au public de l’époque une nouvelle manière de représenter les dinosaures au cinéma : c’est effectivement la première fois que des acteurs costumés sont utilisés afin d’incarner ces animaux disparus ! Ceci dit, le résultat est ridicule, les tyrannosaures semblent très “rigides” et ne sont pas du tout crédible.
De plus, il y a littéralement un souci de taille avec ces tyrannosaures. Leurs scènes ont été tournées dans des décors naturels et, en conséquence, le monde autour d’eux reste à l’échelle humaine. De ce fait, on ne croit pas une seconde qu’ils sont gigantesques !

Hormis ces hommes costumés, on trouve également des jouets en plastique ayant la forme de diplodocus, ainsi que des dimétrodons assez réussis, pour l’époque, au look même effrayant ! Pourtant, le plus gros danger qu’auront à affronter les explorateurs ne viendra pas de ces dinosaures, qui font principalement de la figuration (tyrannosaures non inclus), mais de leur propre expédition.

Vous vous souvenez que le couple à l’origine du périple avait eu la brillante idée d’engager un capitaine alcoolique ? Alors sachez que le Monsieur devient un peu cochon et colérique sous l’emprise de la boisson, et il tentera en conséquence de s’approprier la jolie fiancée du héros pour “se divertir”, qu’elle soit consentante ou non. En outre, son équipage est composé quasi intégralement d’indigènes, pas particulièrement bien traités, qui sont prêts à tout pour fuir l’île. Décidément, les fiancés auraient mieux fait de s’inspirer des films Le Monde Perdu (1925) et King Kong (1933) afin de préparer au mieux leur dangereux voyage…

Il me semble que King Kong ait, en revanche, inspiré le scénariste, qui a inclut un énorme singe dans le scénario. Ce primate est censé représenter en réalité un paresseux géant, mais il faut croire que l’équipe des effets spéciaux n’était pas très calée en paléontologie. Les similitudes ne s’arrêtent pas là, puisque le paressinge géant (appelons-le comme ça) affrontera même un tyrannosaure, comme l’a fait Kong dans le film de Willis O’Brien en 1933.

Unknown Island a aussi la particularité d’avoir été tourné en Cinecolor, un procédé permettant de coloriser les films, souvent ceux à petit budget. Ce procédé donne aux images des teintes pastelles très particulières, que personnellement j’aime beaucoup !

Sans être un naufrage complet, possédant malgré ses défauts un certain charme ainsi qu’un léger aspect nanar, le film de Bernhard peut en définitif continuer à rester une île inconnue pour ceux d’entre vous qui ne l’auraient pas encore découvert.

Autour du film :

  • Dans le passage où les explorateurs lancent des grenades sur des tyrannosaures, l’un d’eux tombe, comme mort. En réalité, l’acteur dans le costume en caoutchouc s’est évanoui à ce moment précis à cause de la chaleur extrême qu’il faisait à l’intérieur du costume. La séquence à été gardée, puis intégrée au scénario !
  • Les scènes avec les acteurs principaux ont été tournées en studio, tandis que celles avec les dinosaures et le Mégathérium ont été tournées en extérieur. Ils sont réunis à l’écran à l’aide d’un système de rétroprojection.
  • Le film a nécessité un an de production.

Blu-ray, DVD et VHS :
L’Île inconnue est disponible en France au format DVD chez Artus Films depuis le 4 novembre 2010. Les suppléments du disque comprennent un entretien inédit avec Alain Petit, ayant pour sujet les Mondes Perdus au cinéma.
Le coffret “Jurassic Box”, sorti chez le même éditeur le 20 octobre 2015, comprend également le film avec 5 autres longs métrages consacrés aux dinosaures : La Planète des dinosaures (1977), The Beast of Hollow Mountain (1956), King Dinosaur (1955), Lost Continent (1951) et Two Lost Worlds (1951).