Sera suivi par : Carnosaur 2 (1995) & Carnosaur 3 (1996)
Films dérivés : Raptor (2001) & The Eden Formula (2006)

Réalisateurs : Adam Simon & Darren Moloney
Avec : Diane Ladd, Raphael Sbarge, Jennifer Runyon, Harrison Page…
Durée : 80 minutes
Année de production : 1993
Origine : USA

Histoire : Une brillante généticienne parvient à redonner vie à quelques dinosaures. La découverte est saluée comme un véritable exploit, jusqu’à ce que les monstres se mettent à se reproduire comme des rats, semant la panique et l’horreur partout où ils passent. L’espèce humaine va mener un combat pour sa survie contre le plus vicieux des prédateurs…

Ma chronique : Le sujet de la chronique du jour concerne film datant du début des années 90, mêlant génétique et dinosaures. Comment ça Jurassic Park ? Non non, rien à voir avec cette petite production hollywoodienne, je parle en fait de l’illustre Carnosaur ! Il s’agit à l’origine d’un projet lancé par Roger Corman, célèbre producteur de séries B, afin de justement concurrencer le blockbuster de Spielberg. C’est pourquoi Corman à fait appel à l’écrivain John Brosnan, afin que ce dernier adapte l’histoire de l’un de ses romans paru en 1984, Carnosaur, pour le cinéma. Le premier jet du scénario proposé alors par Brosnan (l’écrivain, pas l’ancien James Bond, suivez un peu bon sang !) a été au final massivement modifié par le scénariste du film, Adam Simon, afin d’être plus en adéquation avec le petit budget alloué à l’équipe du film. Comprenez par là que le matériel de base a été fortement charcuté et simplifié, ce qui ne signifie pas pour autant que le résultat final soit décevant !

Ce Carnosaur est même plutôt surprenant, à commencer par le ton incroyablement sérieux qui lui est donné. Au vu du contenu, il y avait pourtant de quoi s’attendre à bien plus de second degré ! Il faut dire que le scénario comporte des éléments particulièrement foufous, puisqu’on y trouve par exemple des femmes qui pondent des œufs de dinosaures et un combat entre un tractopelle et un T-Rex. Cependant, le summum reste l’interprétation de Diane Ladd, la mère de l’actrice Laura Dern, qui joue ici très consciencieusement le rôle d’une scientifique folle. Un parti-pris étrange donc, mais qui bizarrement fonctionne.

Notons au passage un autre lien de parenté entre un acteur de Carnosaur et une actrice de la saga Jurassic Park, avec la présence de l’oncle de Bryce Dallas Howard, l’une des têtes d’affiche de Jurassic World, Clint Howard !

Et si, comme moi, vous appréciez voir des gens mourir dans d’atroces souffrances, en restant dans le domaine du cinéma bien entendu, réjouissez-vous ! Les attaques des dinos sont en effet fréquentes et, par-dessus le marché, très sanglantes. Gerbes de sang, décapitations, mains et jambes arrachées… Les vilaines bestioles transgéniques du long métrage font de sérieux efforts afin de divertir les “gorophiles” ! Voilà, ma foi, de bien braves bêtes.

Des bêtes préhistoriques que je trouve d’ailleurs très correctement réalisées, dans l’ensemble, pour ce type de films à petit budget (car il ne faut pas non plus tenter de les comparer à ceux de Jurassic Park, une comparaison qui serait aussi inégale qu’un combat de catch entre Justin Bieber et John Cena). Alors certes le rendu n’est pas toujours au top selon la méthode utilisée, poupée, costume ou animatronique, mais la baisse de qualité des fx concernent principalement le T-rex, les autres créatures, elles, ne s’en sortent pas trop mal.

Par contre s’il y a un truc qui m’a rapidement énervé dans ce premier Carnosaur, c’est bien la voix off du type indiquant, au changement de chaque scène, le lieu,  l’heure et l’avancement en pourcentage des “cellules infectées”. Le gars ayant eu l’idée saugrenue d’insérer continuellement ces informations, parfaitement inutiles, mériterait de se faire bouffer par une grosse marionnette de T-Rex ou démembrer par un homme costumé en Deinonychus.

Je pourrais ajouter également la plupart des scènes avec l’armée dans la dernière partie aux éléments inutiles de la réalisation de Simon et Moloney, toutefois leur présence contribue tout de même au final pessimiste, qui est typiquement le genre de conclusion que j’apprécie dans un long métrage. Et pour ne rien gâcher à cette conclusion, la manière dont s’ouvre le générique de fin est drôlement originale ! Ce n’est qu’un détail, mais en ce qui me concerne c’est le genre de petit bonus que je trouve sympathique.

Ainsi Carnosaur est une série B fun et gore, pas du tout destinée à un public familial contrairement à Jurassic Park. Perso, je suis assez surpris du nombre conséquent de mauvaises critiques sur le net, le film a par exemple une moyenne de 3.5/10 sur IMDB, car je le trouve tout à fait décent et il mérite largement le coup d’œil malgré ses quelques défauts. En revanche, il est évident que ses deux suites sont plus dispensables…

Autour du film :

  • Le tournage a duré 18 jours.
  • Le T-Rex construit pour le film sera réutilisé l’année suivante dans Dinosaur Island (Fred Olen Ray & Jim Wynorski, 1994), une autre production de Roger Corman.

Blu-ray, DVD et VHS :
Carnosaur est disponible en France depuis 2005 en version simple, ainsi qu’en duo avec Carnosaur 2 (sur le même disque) depuis 2009.

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