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Titre original : Il paese del sesso selvaggio
Titre alternatif français : Cannibalis : au pays de l’exorcisme

Réalisateur : Umberto Lenzi
Avec : Ivan Rassimov, Me Me Lai, Pratitsak Singhara, Sullalewan Suxantat…
Durée : 93 minutes
Année de production : 1972
Origine : Italie

Histoire : John Bradley, un journaliste-photographe en voyage dans la jungle thaïlandaise, est capturé par une tribu d’indigènes. Réduit à l’état d’esclave, il subit les pires humiliations comme autant de rites de passage. Bientôt, l’amour que lui porte une jeune sauvageonne, fille du chef du clan, va lui permettre de se faire accepter par la tribu.

Ma chronique : Au pays de l’exorcisme est considéré comme étant le tout premier film de cannibales. Pourtant, il faudra attendre la sortie du Dernier Monde Cannibale (Ruggero Deodato, 1977) cinq ans plus tard pour que le concept de films de cannibales devienne vraiment populaire et que la période du “cannibal boom” débute, avant de s’achever en 1981.

Et malgré son statut de premier film de cannibales, Cannibalis est avant tout un film de jungle et les cannibales ne sont relayés qu’au second plan. Ces derniers n’auront droit en effet qu’à trois scènes, et seule l’une d’entre elles comporte des actes de cannibalisme (vite fait bien fait). L’ensemble du métrage se consacre en fait principalement à la découverte des différents rites de la tribu indigène par John Bradley, avant de se concentrer à l’intégration du héros au sein des indigènes.

Pourtant le métrage de Lenzi comporte déjà plusieurs éléments de base du film de cannibales :

  • Des cannibales / du cannibalisme (évidemment)
  • Du gore (dont des jolis découpages de langues)
  • Des animaux se faisant réellement tuer (à noter que dans la plupart des films du genre les animaux sont ensuite vraiment mangés par les acteurs, mais ici ils sont morts uniquement pour la caméra…)
  • De la nudité & du sexe (en y incluant le viol of course)
  • Un ou plusieurs personnages se retrouvant dans une tribu primitive (en tant que prisonniers plutôt qu’invités la plupart du temps)

Bien que les éléments cités ci-dessus soient présents tout le long du métrage et permettent l’intégration de scènes choques, il faut savoir que ce Cannibalis manque néanmoins clairement de punch. Effectivement, le rythme du film est assez lent, il y a un manque d’action flagrant et, comme si ça ne suffisait pas, on nous fourgue une idylle mièvre entre Bradley et l’une des indigènes (interprétée par Me Me Lai, qui apparaitra par la suite dans Le Dernier monde Cannibale puis La Secte des cannibales). On s’ennuie alors relativement vite entre deux scènes choques, du moins c’était mon cas.

Au final le métrage se place au même niveau que la majorité de la filmo du réalisateur, ce qui n’est pas top vous en conviendrez. Il faudra attendre neuf ans avant que Lenzi ne se décide à réaliser un bon film de cannibales (ou un bon film tout court diront les mauvaises langues) : Cannibal Ferox.

Autour du film :

  • Umberto lenzi a été fortement influencé par le film Un Homme nommé Cheval (Elliot Silverstein, 1970) lorsqu’il réalisa son Cannibalis. Le scénario des deux métrages sont très similaires.
  • Le producteur et scénariste du film, Luciano Martino, fait une apparition au début du film en tant que client dans le bar.

Blu-ray, DVD et VHS :
Le film est disponible en France aux éditions Neo Publishing depuis 2004, et depuis 2005 en coffret avec quatre autres films de cannibales chez le même éditeur.
Cette édition DVD intégrale française dure 90 minutes, mais sachez qu’une version “100% uncut” de 93 minutes est disponible en DVD aux USA, éditée par Media Blaster.

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