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Réalisateur : Ruggero Deodato
Avec : Robert Kerman, Francesca Ciardi, Perry Pirkanen, Luca Barbareschi…
Durée : 96 minutes
Année de production : 1979
Origine : Italie

Histoire : Quatre jeunes reporters, en quête de scoop, disparaissent mystérieusement dans une région reculée d’Amérique du Sud, après être entrés en contact avec une peuplade cannibale. Un professeur organise une expédition pour partir à leur recherche. la petite équipe s’enfonce dans la jungle, découvre des restes humains et rencontre à son tour la tribu cannibale. Les images tournées par les reporters sont intactes : elles livreront la vérité sur l’horrible fin des disparus…

Ma chronique : Un (cani)bail que je n’avais plus visionné un film avec des anthropophages, et c’est avec le célèbre Cannibal Holocaust que je décide de me replonger dans le genre.
Cannibal Holocaust est le second film de cannibales réalisé par Ruggero Deodato, suivant Le Dernier monde cannibale (1977) et précédent Amazonia: La jungle blanche (1985), mais est surtout son film le plus connu et controversé, à juste titre.

C’est sûr qu’un film avec autant de meurtres d’animaux et de scènes extrêmes a de quoi choquer du monde… De plus, le réalisateur a eu la brillante idée de donner un aspect faux documentaire à la seconde partie du film, ce qui renforce encore son côté réaliste. Deodato a d’ailleurs eu des problèmes avec la justice à cause de tout cela, il a dû prouver ne pas avoir tué les quatre jeunes acteurs interprétant les journalistes devant un tribunal et a eu droit à quatre mois de prison avec sursis pour maltraitance envers les animaux !

Me concernant toutes ces horreurs ne me choquent pas plus que ça, bien au contraire je trouve que c’est même l’un des éléments essentiels dans ce type de métrage. Les films arrivant à provoquer un sentiment de malaise aux habitués de films d’horreur sont en effet assez rares, et c’est pour moi toujours un plaisir en quelque sorte de réussir à éprouver ce genre de sentiment face à un film (mon côté sadomaso refoulé sans doute). Et c’est clair qu’avec ce Cannibal Holocaust je n’ai pas de quoi être déçu !

Car déjà que certaines mises à mort d’animaux ne sont pas très belles à voir, le fait de savoir que ces derniers sont réellement tués augmente pas mal l’effet de malaise. La scène de la tortue est particulièrement difficile à supporter puisque la caméra s’attarde longuement sur le corps secoué de spasmes de l’animal fraîchement décapité et dépecé.

Viennent ensuite les scènes avec les tribus cannibales et leurs coutumes, qui ne sont pas toujours sympathiques. Je peux par exemple vous assurer mesdames que vous ne souhaiteriez pas vous faire avorter par l’un d’entre eux, et encore moins les tromper ! Vous aurez en effet peu de chances de survivre dans les deux cas…

Mais ce qui met le plus mal à l’aise étonnement ce ne sont pas toutes ces scènes trashs, mais plutôt le comportement des jeunes reporters américains envers les membres des tribus cannibales qu’ils rencontrent. Hé oui, Cannibal Holocaust ne se limite pas à un amas de scènes chocs sans aucun scénario derrière, Ruggero Deodato se sert en fait de ce type de scènes pour accentuer l’impact de messages qu’il veut faire passer aux spectateurs, le thème principal étant ce à quoi les journalistes sont prêts à faire pour obtenir du sensationnel (et c’est pas joli joli).

Enfin, j’adore le thème principal créé par Riz Ortolani qui est une belle musique assez calme et étant donc en total contradiction avec le contenu du métrage ! Pourtant, ce thème se mélange étonnement bien aux scènes violentes, puisqu’il a pour effet de renforcer le dégout du spectateur face à ce qu’il voit.

On a affaire ici au top du top des films de cannibales, un pur chef-d’œuvre en dépit de tout le mal qui a été dit et écrit sur lui depuis sa sortie. Malgré son contenu malsain qui a choqué pas mal de monde, Cannibal Holocaust reste un film intelligemment mis en scène et comportant qui plus est une critique intéressante des médias et de la société.

Autour du film :

  • Cannibal Holocaust aurait été banni dans plus de 50 (voire 60) pays lors de sa sortie.
  • Ruggero Deodato fait une apparition dans le film : il s’agit de l’homme assis sur un linge devant l’université de New-York vers le tout début.

Blu-ray, DVD et VHS :
Cannibal Holocaust est disponible en France en DVD depuis 2007, puis en édition Ultimate au format DVD et Blu-ray depuis octobre 2011. Et pour ceux qui ne supporteraient vraiment pas les scènes durant lesquelles des animaux se font tuer, sachez que le Blu-ray anglais des éditions Shameless Screen Entertainment comporte une version director’s cut épurée de ces scènes. Par contre la maîtrise de l’anglais est indispensable puisqu’il n’y a pas le moindre sous-titre.

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