Réalisateur : Bert I. Gordon
Avec : Bill Bryant, Wanda Curtis, Douglas Henderson, Patti Gallagher…
Durée : 63 minutes
Année de production : 1955
Origine : USA

Histoire : Une équipe d’explorateurs partent en mission sur Nova, une nouvelle planète du système solaire, qui ressemblerait à la Terre. Sur place, ils vont devoir affronter des animaux aussi gigantesques qu’agressifs, ainsi qu’un terrifiant dinosaure…

Ma chronique : Bert I. Gordon est un réalisateur connu principalement pour ses films mettant en scène des animaux atteints de gigantisme (comme L’Empire des fourmis géantes et Soudain… les monstres), il nous transmet d’ailleurs sa passion pour les grosses bébêtes dès son premier long métrage : King Dinosaur. On trouve dans cette première réalisation un mélange de deux types de films populaires à l’époque : la science-fiction et les dinosaures. Hé oui, King Dinosaur est le tout premier film à proposer des dinosaures provenant d’une autre planète plutôt que des classiques dinosaures découverts sur un monde perdu terrien ! C’est même là le seul et unique point original du scénario… et l’un des rares points positifs du métrage.

Car il faut être conscient que le réalisateur manquait clairement de moyens pour son King Dinosaur, comme c’est le cas d’un bon nombre de réalisateurs de films de sf des années 50, et les effets se font vite ressentir à l’écran. On a par exemple de la peine à avaler le fait que l’action se déroule sur une planète inconnue à cause des décors naturels très banals ainsi que les nombreux stock-shots d’animaux terriens (ours, hiboux, serpents…) peuplant le film. Notons par la même occasion que les animaux cités précédemment cohabitent avec des dinosaures et… des mammouths. Niveau crédibilité, on repassera.

Par contre, contrairement à une grande partie des animaux du métrage, les dinosaures ne sont eux pas des stock shots ! Le réalisateur a bien tourné les scènes lui-même avec des lézards et un bébé alligator, plutôt que d’insérer des scènes de Tumak, fils de la jungle comme l’ont fait un très grand nombre de films de dinosaures de l’époque. De plus, ces scènes sont plutôt réussies, même si l’agrandissement optique d’animaux à l’écran possède moins de charme que des dinosaures animés en stop motion selon moi.

Le reste des défauts de King Dinosaur sont classiques et je ne vais pas m’attarder dessus bien longtemps : les acteurs débutent et jouent donc assez mal, la plupart des effets spéciaux sont foireux (fourmi géante mal incrustée dans le décor, fusée bâclée…), le scénario n’est pas du tout cohérent (Ho il y a des vilains dinosaures ? ça tombe bien, j’ai pris une bombe atomique avec moi ! Idéal pour nous en débarrasser !) et le film manque clairement d’action avant le dernier quart d’heure (mention spéciale à l’intro d’une dizaine de minutes, composée presque essentiellement de stock-shots commentés d’une voix off)…
Pourtant, j’ai trouvé que ces défauts apportent une petite touche nanarde au film, le rendant plus supportable à visionner.

Bref, malgré une idée originale (les dinosaures se trouvant sur une autre planète) et quelques passages involontairement drôles, King Dinosaur reste bien banal et ne se démarque pas particulièrement des autres séries B de la vague sf des années 50.

Autour du film :

  • La plupart des pistes audio de King Dinosaur ont été réutilisées dans le film d’Ed Wood The Violent Years.
  • Toutes les scènes avec les acteurs ont été tournées en un week-end.

Blu-ray, DVD et VHS :
Le film est disponible en France aux éditions Artus Films dans le coffret DVD Les Dinosaures Attaquent! depuis octobre 2011. La version de King Dinosaur présente sur le DVD est raccourcie de 3 minutes, mais sachez que l’éditeur espagnol L’Atelier 13 a édité le film dans sa version complète en 2008, avec un sous-titrage français.

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