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Titre original : The Land Unknown
Titre belge : L’Oasis de la terreur

Réalisateur : Virgil W. Vogel
Avec : Jock Mahoney, Shirley Patterson, William Reynolds, Henry Brandon…
Durée : 78 minutes
Année de production : 1957
Origine : USA

Histoire : Margaret ‘Maggie’ Hathaway, grand reporter, accompagne les trois membres d’une expédition polaire en Antarctique. Ils survolent le pôle en hélicoptère quand l’appareil est pris dans une tempête et entraîné dans un cratère situé plus de mille mètres au-dessous du niveau de la mer. Là, une étrange chaleur les surprend. Ils découvrent un univers tropical qui ressemble étrangement à la Terre à l’ère secondaire. L’équipe affronte de gigantesques plantes carnivores et des animaux préhistoriques. Ils aperçoivent enfin des traces de pas laissés par des êtres humains. Soudain, Margaret se fait enlever, les autres se lancent à sa poursuite…

Ma chronique : L’Oasis des tempêtes devait être à la base un film en couleur à gros budget dirigé par Jack Arnold (Le Météore de la nuit, L’Étrange Créature du lac noir, Tarantula…), mais après des coupures budgétaires Arnold se retira du projet, qui tomba alors dans les mains du réalisateur Virgil W. Vogel (débutant à peine dans la réalisation après des années en tant qu’assistant monteur chez Universal). C’est pourquoi nous nous trouvons désormais face à une série B en noir & blanc et non à une grosse production de l’époque, ce qui ne veut pas dire pour autant que le film est un ratage ! Je trouve même qu’il a un certain charme moi…

Le scénario est typique des productions de l’époque mettant en scène des dinosaures : on se retrouve une fois encore avec un groupe de personnes explorant un monde perdu peuplé de créatures préhistoriques, en l’occurrence les terres inconnues se trouvent cachées sous les glaces de l’Antarctique. Ma foi pourquoi pas, après tout on a eu droit à quelque chose d’identique très récemment dans L’Âge de glace 3.

L’avantage de la plupart des vieux films du genre, et c’est le cas de celui-ci, c’est qu’ils en viennent rapidement à ce qui intéresse les spectateurs : le monde perdu et ses dinosaures. Effectivement, après nous avoir présenté brièvement le but de l’expédition et les protagonistes, on retrouve déjà le petit groupe en Antarctique ! Une fois sur place, les trois hommes et la journaliste utiliseront un hélicoptère pour explorer la zone qui les intéresse, y affronteront une tempête, puis se feront percuter par un ptérosaure (dans le genre pas de chance, ils font fort). Bien entendu l’appareil chutera en plein dans le monde perdu, une jungle tropicale où leur signal radio ne passera pas (quand je vous disais qu’ils n’avaient pas de chance !).

Parmi les acteurs dans le groupe d’explorateurs on retrouve Jock Mahoney, qui interprétera Tarzan dans deux longs-métrages entre 1962 et 1963. Les autres sont pour ainsi dire inconnus, malgré une grosse filmographie pour chacun d’eux, mais au moins leur jeu est convenable. Ce qui est l’essentiel non ?

Bref, une fois dans la jungle préhistorique nos héros affronteront plusieurs dangers, dont évidemment des créatures préhistoriques étant du reste plutôt intéressantes dans leur façon d’être ressuscitées à l’écran ! En effet, les méthodes utilisées pour leur donner vie sont assez variées :

  • Les ptérosaures sont en fait des marionnettes attachées à des fils
  • La méthode slurpasaur est utilisée sur des dragons du Komodo afin de les faire passer pour des dinosaures
  • Un acteur dans un costume en caoutchouc joue le rôle d’un T-Rex (à qui je trouve un air de T-Rex zombifié à cause de ses yeux très blancs)
  • Et enfin un elasmosaure mécanique, grand méchant du film, conclue ce casting !

C’est d’ailleurs ce dernier le clou du spectacle, car il est particulièrement réussi en plus d’être un dinosaure pas si commun à l’écran ! Excepté dans L’Oasis des tempêtes, The Crater Lake Monster, Quand les dinosaures dominaient le monde et le Jurassic World à venir, je ne pense pas que d’autres films comportent des dinosaures aquatiques… La création de l’elasmosaure aurait d’ailleurs grignoté une partie conséquente du petit budget alloué au long métrage, ce qui pourrait peut-être expliquer la faible qualité des autres effets spéciaux…

L’époque à laquelle le film a été tourné pose également un problème en le visionnant de nos jours, car évidemment le traitement des personnages féminins dans le cinéma des années 50 n’a bien souvent rien à voir avec celui effectué aujourd’hui. C’est pourquoi le rôle de la journaliste ici est principalement de crier et se mettre en danger afin de se faire sauver par les hommes qui l’accompagnent (et de tomber amoureuse, aussi). Pourtant, au début du métrage, elle donnait vraiment l’impression d’être une femme forte ne se laissant pas facilement marcher sur les pieds. Puis quand elle se fait assommer avant d’être kidnappée par un type bloqué dans la jungle depuis des années, ou encore attaquer par des dinosaures ainsi qu’une plante en caoutchouc en nécessitant à chaque fois de l’aide, on se rend vite compte que ce n’était qu’une illusion et elle fini rapidement par énerver !

Malgré ce détail ainsi que les conséquences des coupes budgétaires, L’Oasis des Tempêtes s’en sort plutôt bien et reste un divertissement très correct. Je regrette juste l’absence de stop motion, avec la variété des techniques utilisées pour redonner vie aux dinosaures dans ce film il ne manquait vraiment plus que celle-ci pour compléter le lot (dommage, car c’est pour moi la meilleure) !

Autour du film :

  • Le film s’inspire de la découverte, en 1947, d’une zone avec de l’eau inexplicablement chaude en Antarctique.

Blu-ray, DVD et VHS :
L’Oasis des tempêtes est disponible en France en DVD chez Universal dans la collection “Les Étoiles Universal”.

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