Réalisateur : William R. Stromberg
Avec : Richard Cardella, Glen Roberts, Mark Siegel, Bob Hyman…
Durée : 83 minutes
Année de production : 1977
Origine : USA

Histoire : Une météorite s’écrase dans le lac de la petite ville californienne de Crater Lake, menaçant d’ensevelir une équipe de scientifiques venant de faire une découverte importante sur les premiers hommes. Bientôt, tandis que la faune se raréfie autour du lac, ont lieu d’étranges disparitions. Quelque chose de gigantesque attaque ceux qui abordent ses rives et s’aventurent sur ses eaux.

Ma chronique : William R. Stromberg réalise avec The Crater Lake Monster son premier film… ainsi que son dernier. Ceci n’est pas dû à la piètre qualité du long métrage mais principalement au fait que Stromberg préféra fonder et gérer son propre studio d’animation au lieu de continuer dans la réalisation. C’est la Crown International Pictures qui s’est occupée de financer son film, il s’agit d’une société de production spécialisée dans les films d’exploitation à petits budgets et à destination principalement des drive-in. Et contrairement à ce que laisse supposer l’affiche, le dinosaure qui apparaît dans cette petite production n’est pas un bipède ressemblant à un T-rex ou un allosaure, mais un reptile marin appelé plésiosaure !
Récapitulons : on est face à une première réalisation à petit budget et dont l’affiche est un poil mensongère. Tous ces éléments réunis pourraient annoncer un gros navet… et pourtant !

Le film se targue pour commencer d’un excellent monstre en stop-motion, une espèce de version américaine du monstre du Loch Ness digne des créations du maître Ray Harryhausen (si si, j’ose pousser la comparaison jusqu’à là) ! Et pas besoin de patienter jusqu’à la dernière minute pour apercevoir la bête puisqu’elle nous montrera son joli minois dès le premier quart d’heure, et fera encore plusieurs petites apparitions jusqu’à la confrontation finale.
C’est David W. Allen qui était en charge des effets spéciaux, il faut savoir que ce monsieur est un habitué du stop-motion et avait déjà animé des dinosaures auparavant dans Quand les dinosaures dominaient le monde en 1970. Par la suite, il s’occupera notamment des effets spéciaux de la saga Puppet Master, ceux de Chérie, j’ai rétréci les gosses, ou encore Re-animator 2. Il animera même une dernière fois des (minis) dinosaures dans Prehysteria ! en 1993.

Les lieux de tournage m’ont également beaucoup plu, le plésiosaure évolue dans un lac se trouvant dans un coin montagnard typiquement américain relativement isolé, je dois dire être assez friand de ce type de paysages dans les films (du même genre que ceux de Grizzly, 1976, ou Prophecy, 1979, par exemple). Il faut juste savoir que malgré le titre et le lieu de l’action, aucun plans n’ont été tournés à Crater Lake ironiquement (Huntington Lake en réalité)…

Puis j’adhère aussi beaucoup aux films à l’ambiance très 70’s, ce qui tombe bien car The Crater Lake Monster est de 1977 justement ! Quoi de mieux qu’un film des années 70 pour y trouver une ambiance 70’s hein ?

Ensuite je dois dire avoir bien accroché à l’humour, qui est très présent avec la présence de deux péquenauds américains très clichés (et donc très crétins) Mitch & Arnie. Ces joyeux lurons m’ont fait plutôt rire, cependant je conçois parfaitement qu’on puisse les trouver au contraire assez lourd.

Malgré un bon nombre de scènes comiques, le long métrage n’est pas exempt pour autant d’un peu de trash et de sang avec par exemple la découverte d’une tête humaine ayant mariné dans l’eau un bon moment ainsi qu’une attaque à main armée dans une supérette. À ce propos, je dois dire que l’ajout du braqueur dans le scénario m’a vraiment semblé servir uniquement à faire du remplissage. Quitte à rajouter de l’action il aurait été, je pense, plus judicieux de rajouter quelques attaques supplémentaires de la part du plésiosaure…

Finalement j’ai remarqué un détail du scénario amusant lors du visionnement (attention spoilers sur la fin !) : une espèce de tractopelle est utilisée pour vaincre le gros reptile, et ce n’est pas la première fois que ce type de véhicule est utilisé dans ce but au cinéma ! C’est Dinosorus! qui a ouvert le bal en 1960, puis les deux premiers opus de la trilogie Carnosaur reprendront le flambeau en 1993 et 1995. Comme quoi, ces engins sont particulièrement efficaces en cas d’attaque de la part de ces monstres préhistoriques !

The Crater Lake Monster est pour conclure un film que j’apprécie particulièrement, en même temps avec un monstre si joliment animé en stop motion il était déjà bien parti pour me plaire ! En ajoutant à cela un cadre montagnard et une ambiance très 70’s il est clair que je ne pouvais que surkiffer (ouep, je parle aussi le djeuns).
Reste à savoir si ce film d’exploitation vous plaira autant qu’à moi, en tout cas je le recommande chaudement aux fans d’animation en volume !

Autour du film :

  • La tête du Plésiosaure, que l’on aperçoit lors des gros plans durant lesquels il nage à la surface du lac, a été réutilisée dans une scène du film La folle histoire du monde (Mel Brooks, 1981).

Blu-ray, DVD et VHS :
The Crater Lake Monster est disponible depuis août 2014 en France chez l’éditeur Le Chat qui Fume (en vostfr). Un Blu-ray anglais “double feature” propose également le film en duo avec Galaxina (William Sachs, 1980), sans sous-titres.

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